Chapitre 4 - Retour aux sources

  • Bonsoir Monsieur Kakouk, je crois qu'on a juste le temps de finir l'histoire avant que Papa rentre.
  • Alors, c'est aujourd'hui qu'il revient de voyage ?
  • Eh oui, je suis sûr qu'il aura plein de choses à me raconter.
  • C'est certain, mais toi aussi je pense. Allez, on continue...

Madame Tchang fut particulièrement heureuse d'apprendre qu'elle serait relogée à Tai O. En fait, c'était le village de son enfance. Elle ne pouvait imaginer plus douce retraite, que de retourner vivre là où elle avait grandi.

Madame Piang Mai avait chargé Monsieur Poh d'organiser le déménagement. Madame Tchang n'avait donc plus qu'à gagner son nouveau logis avec son hamster. Ses effets personnels l'attendaient déjà là-bas. La K compagnie fut également du voyage jusqu'à Tai O. Pour eux, c'était aussi l'occasion de découvrir l'île de Lantau. Ils pouvaient rejoindre leur destination de plusieurs manières, mais ils choisirent un itinéraire qui passait par le grand Bouddha. Cette perspective réjouissait aussi beaucoup Madame Tchang, qui aimait se recueillir sur ce lieu sacré. Ils prirent donc le métro jusqu'à Tung Chung, terminus de l'île de Lantau. De là, on pouvait prendre le « cable car » (équivalent du téléphérique), qui menait à la mythique statut.

Cela faisait quelques minutes que leur cabine flottait dans les airs, lorsque Kahouette s'écria :

  • Le grand Bouddha !

Tous se retournèrent pour admirer la silhouette majestueuse, assise au sommet de la colline. Elle semblait imposante et légère à la fois. Une brume délicate l'enveloppait.

Tiloustic se trouvait sur l'épaule de Madame Tchang. Tous deux contemplaient le spectacle en silence, leurs têtes posées l'une contre l'autre. Envahie par l'émotion, Madame Tchang laissa couler une larme de ses yeux malicieux, tandis qu'elle caressait le pelage de son fidèle compagnon.

En descendant du cable car, il restait un peu de marche pour arriver jusqu'au grand Bouddha. Il leur fallut d'abord traverser une rue bordée de magasins de souvenirs. Ils flânaient comme les autres touristes lorsqu'un Français aborda Kalico :

  • Bonjour mon garçon. Pourrais-tu me rendre un petit service ?
  • Certainement Monsieur. De quoi s'agit-il ?
  • Eh bien, j'ai un garçon de ton âge et je voudrais lui rapporter ce T-shirt en souvenir. Il a à peu près le même gabarit que toi ; tu veux bien l'essayer ?
  • Pas de problème.
  • Im-pec-cable ! lança Kahouette, une fois que le mannequin eut passé le vêtement.
  • Oui, ce sera parfait pour mon petit Éliot, conclut le monsieur en remerciant Kalico. Pour Max, c'est déjà fait... Alors il ne me reste plus que Lisa, continua le touriste en se parlant à lui-même.

À ces mots, Éliot croisa le regard de Monsieur Kakouk dans un sourire complice, avant de se concentrer à nouveau sur l'histoire. Monsieur Kakouk poursuivit...

Une fois arrivés au pied du grand Bouddha, il restait encore quelques centaines de marches à gravir pour se hisser jusqu'à lui. Mais déjà, son visage serein et son regard sincère hypnotisaient les visiteurs. Pendant toute la montée, les yeux fixés dans les siens, ils se sentaient attirés par sa bienveillance.

Après cette escapade insolite, il ne restait plus qu'à prendre un bus, qui faisait la liaison avec Tai O en une dizaine de minutes.

À leur arrivée, nos aventuriers suivirent Madame Tchang à travers son village. De petites maisons de bois sur pilotis bordaient les ruelles, où on ne pouvait circuler qu'à pied. Le village était coloré par de nombreux commerces. On y vendait beaucoup de poisson séché, suspendu à des ficelles, mais aussi des épices et quelques souvenirs.

C'est dans une petite rue à l'écart que se trouvait la nouvelle maison de Madame Tchang. Elle était semblable à toutes celles du village, mais elle eut l'agréable surprise de découvrir un intérieur coquet et une jolie terrasse surplombant la mer. Après tant d'années passées au rez-de-chaussée d'un building du centre de Hong Kong, elle avait oublié comme il était doux de respirer le parfum iodé de son enfance.

Karmeille, qui voulait ajouter à la magie du lieu, fit apparaître un adorable fauteuil à bascule en bois, d'un simple battement de cils. Désormais, Madame Tchang pourrait s'y bercer autant qu'il lui plairait, en contemplant la mer.

Après avoir fait ses adieux à ses petits protégés hongkongais, la K compagnie s'éclipsa le cœur léger. Kahouette avait pris soin de vider son sac à dos en reposant la sphère transparente sur la table du salon. À coup sûr, Tiloustic se régalerait de joyeuses cavalcades, à travers toute la maison, mais aussi dans les ruelles du village.

  • Salut la compagnie !
  • Papa ! s'écria Éliot, en se jetant dans les bras de son père.

Après les retrouvailles avec toute la famille, Papa sortit un T-shirt de son sac en le présentant à Éliot.

  • Oh, merci Papa. Super ! Le grand Bouddha de l'île de Lantau !

Les parents d'Éliot échangèrent un regard étonné, ne sachant pas d'où il pouvait tenir une telle information.

Quant à Éliot, il n'était pas prêt à leur révéler ses secrets. En tout cas, lui n'avait pas besoin d'avion pour voyager, sourit-il en son for intérieur...

Enfants / Des histoires pour rêver / Les aventures de Monsieur Kakouk – Read and Fly © Lecture d'histoires et contes pour enfants. Littérature jeunesse sur les voyages, l'aventure et l'imaginaire.

TEXTES Fany Sarenzo - histoires pour enfants - read and fly

ILLUSTRATIONS PONPON - histoires pour enfants - read and fly