Que feraient les parents sans les bêtises des enfants ?

On n'est pas toujours sages nous les enfants. Tes parents ne t'ont jamais dit que tu leur donnais du fil à retordre ? Les miens si, mais c'est comme ça la vie et c'est aussi en faisant quelques bêtises qu'on apprend à devenir grand. On ne peut pas tout savoir à la naissance, alors on a besoin d'explorer le monde pour faire nos propres expériences.

Ça commence par des petites bêtises comme en fait Maxime. Et d'ailleurs, on ne les fait pas toujours exprès, comme cette fois, où on a tellement rigolé au goûter. On discutait avec Maman et Lisa à la cuisine et Maxime commençait à siroter tranquillement sa compote à boire. Et puis personne n'a compris comment c'est arrivé. On a entendu un bruit et on a retrouvé notre Maxime immobile avec le visage recouvert de compote et il y en avait plein qui coulait le long de ses joues. Après deux secondes de silence, le temps de comprendre ce qui se passait, on a tous éclaté de rire. J'en avais des crampes d'estomac et Lisa en pleurait. Maman avait du mal à s'arrêter elle aussi. Alors, Maxime s'est mis à rigoler à son tour et là c'était encore plus drôle. Imaginez-le en train de rire aux éclats avec la figure pleine de compote. Chaque fois que je me souviens de sa tête ce jour-là, je me bidonne tout seul.

Une autre fois, Papa avait emmené Maxime pour faire des courses à la supérette. Et cette fois, Monsieur bébé a fait sa bêtise exprès. C'est lui qui conduisait un petit caddy à sa taille parce que Papa n'avait pas grand-chose à prendre ; c'était pas les grosses courses de la semaine, tu vois. Ils sont passés dans le rayon des gâteaux parce que Papa devait en acheter pour le goûter, mais dans ce rayon, il y a aussi les bonbons, alors Maxime a réclamé :

  • Papa, plaît, bonbons prende – Traduction « Papa, je peux prendre des bonbons s'il te plaît ».
  • Maxime, je t'ai pourtant prévenu qu'on venait juste acheter une boîte de gâteaux, du jambon et des petits-suisses, alors les bonbons tu les reposes, s'il te plaît.

Maxime avait déjà mis le paquet dans son petit caddy, et dut le reposer dans le rayon à contre-cœur, sous l'œil attentif de Papa. Mais en voulant vider le caddy pour passer les articles sur le tapis roulant à la caisse, Papa s'aperçut que d'autres bonbons se trouvaient là. En fait, il y a toujours des bonbons juste avant les caisses et pour la deuxième fois, Maxime n'avait pas pu résister à la tentation.

  • Maxime, qu'est-ce que c'est que ces bonbons dans le caddy ?
  • Bonbons prende, bonbons prende, répétait-il en tapant des pieds par terre.
  • Non, on ne prend pas les bonbons, combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ?
  • Papa plaîîîît...
  • Pas question, Maxime repose ces bonbons là où tu les as pris !
  • Nonnnn !

Maxime n'était pas d'accord, alors Papa a dû reprendre et reposer les bonbons lui-même. Maxime a fait une grosse colère ; Papa a dû le porter jusqu'à la maison alors qu'il gigotait dans tous les sens et criait. En arrivant, Papa était bien énervé lui aussi et l'a expédié dans sa chambre pour se calmer. Il lui a fallu un moment à Maxou pour réussir à chasser sa colère. Et il en a fait très souvent des colères pendant un temps, et puis ça lui est passé.

Ma sœur Lisa, elle, on a toujours l'impression qu'elle est sage comme une image. Eh bien non, pas toujours en fait. Tu ne sais pas ce qu'elle a fait une fois ? On déjeunait un mercredi à la maison et Maman avait préparé des flageolets. À part Maxime, aucun de nous n'aime beaucoup ça, alors Maman ne nous avait servi qu'une cuillère à soupe. Mais comme on était trop lents à manger, elle nous a laissés seuls à la cuisine en disant qu'on avait dix minutes pour finir. Ça n'avançait pas beaucoup plus vite, mais au bout d'un moment, Lisa s'est levée et a jeté tous ses flageolets à la poubelle sans rien dire. En se rasseyant, elle a mis son doigt sur sa bouche pour me faire comprendre que je devais me taire. Juste à ce moment-là, Maman est revenue. Il y avait un grand silence et elle a senti qu'il y a avait quelque chose de bizarre. Elle a regardé l'assiette de Lisa, puis a soulevé le couvercle de la poubelle et a tout de suite compris. Lisa avait les joues bien roses :

  • Lisa, je vous ai laissés seuls à la cuisine parce que je sais que je peux avoir confiance. Qu'est-ce qui s'est passé là ?
  • Mais Maman, je déteste les flageolets.
  • Ce n'est pas une raison. Que je ne te reprenne pas à faire ce genre de chose derrière mon dos. C'est compris ?
  • Maman, le dis pas à Papa s'il te plaît.
  • Je n'avais pas l'intention de lui en parler de toute façon. Je sais que je peux te faire confiance d'habitude, alors ça passe pour cette fois. Mais que ça ne se reproduise pas. On est bien d'accord ?
  • D'accord Maman.

C'était pas très joli joli tout ça, mais moi je ne suis pas très fier non plus de certaines bêtises, même si ça m'a bien amusé sur le coup.

Un samedi après-midi où on ne savait pas trop quoi faire avec Paulo, je lui ai proposé de faire une blague à mon voisin, Monsieur Duracuir. On est allés sonner plusieurs fois à sa porte et on s'est planqués dans les escaliers. À chaque fois, il sortait en trombe, et se mettait à crier sans nous voir :

  • Attendez un peu que je vous attrape petits mal élevés !

Et puis il a fini par rester à l'intérieur, juste derrière sa porte, jusqu'à nous voir rappliquer. Et là, alors qu'on s'approchait doucement de sa porte, il a ouvert brusquement avant qu'on ait sonné et on est restés bien bêtes avec Paulo :

  • Ah, je vous y prends. Ça ne se passera pas comme ça.

Il nous a saisis chacun par un bras à nous faire mal et a sonné chez moi. Maman a ouvert et nous a regardés, surprise :

  • Bonjour Monsieur Duracuir, que se passe-t-il ?
  • Que se passe-t-il ? Eh bien, vos garnements ne trouvent rien de mieux à faire que de sonner à ma porte à longueur de journée. Je vous saurais gré de les surveiller à l'avenir.
  • Je suis vraiment navrée, veuillez les excuser ; ça ne se reproduira plus.

Une fois la porte refermée, Maman nous a sermonnés :

  • Qu'est-ce qui vous a pris à tous les deux ?
  • C'était pour s'amuser Maman...
  • Pour s'amuser ? Trouvez un autre amusement à l'avenir et ne vous avisez jamais de recommencer. Toi Paulo, tu rentres chez toi. Et toi Éliot, tu files dans ta chambre.

Quelque temps après, j'ai fait une autre bêtise, mais tout seul cette fois. Je me suis amusé à faire pipi dans la jardinière de la voisine du dessous depuis notre balcon. Et là, mon regard a croisé celui de Monsieur Duracuir, lui-même sur son balcon à ce moment-là ; j'ai été tellement surpris que j'ai fini de faire pipi sur mes pieds. Et lui est immédiatement venu prévenir Maman.

Cette fois-ci, j'ai dû accompagner Maman chez Madame Martin. Elle l'a avertie de ce que j'avais fait et s'est excusée pour moi. Là, j'avais vraiment honte. Et pour ma peine, Papa m'a aussi privé de télé pendant une semaine. Après tout ça, mes parents se méfiaient, alors je me suis rattrapé en cessant mes bêtises, mais il m'a fallu du temps pour regagner leur confiance.

Enfants / Des histoires pour grandir / Les péripéties d'Éliot – Read and Fly © Lecture d'histoires et contes pour enfants. Livres jeunesse sur les angoisses, les souffrances et les questions des enfants aux stades de leur développement.

TEXTES Fany Sarenzo - histoires pour enfants - read and fly

ILLUSTRATIONS PONPON - histoires pour enfants - read and fly