Frères et sœurs : jalousie, quand tu nous tiens...

Je ne compte plus les fois où on s'est disputés ou bagarrés Lisa, Maxime et moi. Parfois, on s'entend bien et on joue ensemble, mais très souvent on ne se supporte pas.

Au début, on était seuls Lisa et moi. Elle jouait beaucoup à la grande et je voulais l'imiter. Alors elle se plaignait :

  • Arrête de me suivre partout comme un petit chien, je veux jouer tranquille !
  • Pas belle Lisa, disai-je en la poussant.
  • Méchant Éliot, répondait-elle en me poussant plus fort, à me faire tomber par terre.
  • Maman, Maman, papé Lisa, pleurais-je – Traduction : « Maman, Maman, Lisa m'a tapé ».
  • Lisa, sois plus douce avec ton petit frère, s'il te plait.
  • Mais c'est lui qui a commencé et c'est encore moi qui me fais disputer. C'est pas juste !
  • Je ne veux pas savoir qui a commencé ; je vous demande simplement de ne pas vous faire de mal. Vous n'êtes pas obligés de vous entendre, mais alors jouez chacun dans votre chambre au lieu de vous étriper ! Allez Éliot, viens donc faire de la pâte à modeler dans la cuisine pendant que je prépare le repas.
  • Enfin débarrassée, soupirait Lisa.

Puis, Maman me réconfortait à la cuisine :

  • Allez, ne pleure plus Éliot, tu es mon petit garçon tu sais.
  • Nonnnn !
  • Tu n'es pas mon petit garçon ? Mais tu es qui alors ?
  • Grannnnd !

Je voulais être grand comme Lisa... Mais plus tard, quand j'ai su que j'allai être grand frère à mon tour, j'ai cru que je n'allais pas y arriver. Et surtout, je ne serais plus le bébé de mes parents, et ça, ça me donnait un coup au moral. Mais Maman me disait que c'était bien aussi d'avoir un petit frère, qu'on pouvait s'occuper de lui en le prenant sur les genoux et même en lui donnant le biberon.

Alors au début, quand Maxime est né, on se disputait Lisa et moi pour le prendre sur les genoux, mais à la fin ça plaisait mieux à Lisa qu'à moi. J'en avais marre de l'entendre pleurer et qu'il vomisse sur moi parce qu'un bébé c'est un peu dégoûtant quand même... Lisa voulait même aider Maman à changer les couches de caca. Mais moi, pas question ! Ça sentait trop mauvais et ça m'empêchait de respirer.

J'ai préféré quand il a été un peu plus grand et qu'il a commencé à attraper les jouets que je lui tendais et à me faire des sourires. Mais je l'aimais quand même mieux dans son transat que sur les genoux de Maman. Parce qu'en fait, à chaque fois que j'avais besoin d'un câlin, la place était presque toujours déjà prise. C'était énervant à la fin, alors je glissais ma tête sous le bras de Maman du côté où n'était pas le bébé et je me hissais vers ses genoux jusqu'à ce qu'elle soit obligée d'appeler Lisa ou Papa à la rescousse pour prendre Maxime. Et là, je retrouvais MA place...

Par contre, quand il a été encore plus grand, il est devenu vraiment pénible parce qu'il voulait toujours mes jouets. Et là, on a commencé à se disputer comme ça se passait entre Lisa et moi quand j'avais l'âge de Maxime. Mais entre frères, on s'est fait beaucoup plus de bleus et de bosses parce qu'on jouait souvent à la bagarre. Maman nous séparait quand elle nous entendait ou nous voyait. Alors, on promettait de ne pas recommencer, mais c'était plus fort que nous. Et quand il leur arrivait de nous trouver dans la chambre de l'un ou de l'autre à jouer ensemble au calme, Maman comme Papa, s'arrêtaient tout attendris :

  • Ils sont adorables tout de même...

... Et on leur souriait comme deux petits anges, qui n'étaient pourtant pas prêts à le rester très longtemps. En effet, la prochaine bagarre n'était jamais loin.

À ce moment-là, ça allait mieux avec Lisa parce que ses jouets ne m'intéressaient plus. Quelques fois, elle me laissait entrer dans sa chambre pour écouter de la musique. Et quand Maman était en retard le matin, c'est elle qui m'aidait à m'habiller. Pourtant, elle m'a dit qu'elle ne m'aimait pas du tout au début :

  • Quand tu étais plus petit, tu m'imitais tout le temps comme un perroquet et tu rapportais toujours à Maman.
  • Oui, mais toi tu me tapais.
  • C'est toujours toi qui commençais Éliot.
  • Ça m'étonnerait, j'étais trop petit.
  • Et tu crois que ça t'empêchait d'être méchant avec moi ? Regarde Maxime, il te tape pas lui ?
  • Si, mais moi je suis plus gentil que Maxime.
  • Tu as grandi alors tu es moins casse-pieds, mais je trouve pas que tu sois plus gentil. Il est mignon Maxime quand il veut.
  • Ah bon, tu trouves ? J'aurais bien voulu t'y voir à mon âge si tu avais eu un frère comme lui. Je te jure que tu as eu bien de la chance.
  • Allez, c'est ça. Pauvre petit chou, c'est bien toi le plus malheureux. Tu veux pas qu'on écoute un peu la radio au lieu de te lamenter ?
  • Trop bien, et tu pourras me prêter ton iPod demain ? J'ai invité Paulo après l'école et je voudrais bien lui montrer.
  • Je ne sais pas, je vais y réfléchir.
  • Allez Lisa, s'il te plaiiiit.
  • Bonnnn d'accorrrrd. Mais samedi, j'ai invité Mélissa et Julie alors je veux que personne nous dérange. Tu viendras pas frapper à la porte toutes les cinq minutes comme la dernière fois. Tu es prié de nous laisser tranquilles, OK ?
  • Top là !
  • Allez, top là, mon p'tit chou !

Bref, entre nous trois, il y a toujours eu quelques hauts et pas mal de bas. Les parents disent que c'est comme ça dans toutes les familles et qu'il faut que jeunesse se fasse.

Le mieux en fait, c'est de ne pas trop se croiser.

Chez nous, Lisa est la studieuse de la famille. Tu peux la trouver dans sa chambre, à la bibliothèque, ou à son cours de danse. Sans oublier tout de même le shopping avec Maman, ou bien les soirées pyjama chez l'une de ses nombreuses copines.

Moi, tu me trouveras plutôt dans les arbres avec mon pote Paulo ou en train de faire du vélo dans la résidence avec la bande. Tu peux aussi me trouver au karaté ou en train de jouer au foot avec mon père. Il y a une clairière tip top dans le bois derrière chez nous pour les parties de foot.

Quant à Maxime, il est encore dans les jupes de sa Maman, mais il est bien obligé de s'en séparer pour aller à la crèche ou pour son cours de jardin aquatique le mercredi matin. Il nage comme un vrai canard. Autrement, ses parents lui trouvent l'oreille musicale parce qu'il réagit à la musique classique. Il est vrai que moi je n'y réagis pas du tout, je préfère la radio de Lisa.

À part ça, les ballades à vélo et les pique-niques en famille le week-end c'est pas mal quand même. Le cinoche à quatre quand Maxime est avec Mamie Choupette, c'est aussi très bien. Mais le resto tout seul avec Papa et Maman pour mon anniversaire, c'est encore mieux !

Enfants / Des histoires pour grandir / Les péripéties d'Éliot – Read and Fly © Lecture d'histoires et contes pour enfants. Livres jeunesse sur les angoisses, les souffrances et les questions des enfants aux stades de leur développement.

TEXTES Fany Sarenzo - histoires pour enfants - read and fly

ILLUSTRATIONS PONPON - histoires pour enfants - read and fly